Biographie ! biographie le 28 juin 2011

Voir se matérialiser, se construire, puis exister ces personnages que l’on n’envisageait même pas encore ; être chaque fois surpris de ce qui prend vie et grandit, nous confortant dans ce siège douillet et déstabilisant du spectateur. Ou « passif-acteur ». Ou pas en fait.

Il y a à représenter tout ce qui n’est pas encore incarné et qui bouillonne de devenir, comme les mirages dans le désert, comme les gens qu’on ne connaît pas. Comme la musique sur laquelle personne n’a jamais dansé.

Tout ce qui déborde, et qui demande juste d’exister.

MaxLKS ... Peintre et graffiteur.

Ses compositions colorées et chaotiques dépeignent l’aliénation urbaine à travers une recherche constante de nouvelles formes plastiques. Un voyage exploratoire vers ces contrées imaginaires intérieures.

Ou en tout cas c’est en ces termes que l’on parle sympathiquement de moi des fois.

Même si, au final, ça pourrait juste s’appeler : "Pourquoi je peins ?"

Je vis à Montréal depuis quelques belles années, la trentaine, soldat du Internet, je me souviens commencer à peindre autour de 2003. Aiguillé par des personnes talentueuses et amusées, j’ai commencé alors à donner vie aux monstres qui peuplaient timidement mes cahiers d’école.

J’ai commencé par la spray, ce truc ludique et capricieux, de la taille d’une grosse 1664, à peine plus lourd. Couplez à cela l’atmosphère organique et industrielle des friches dans laquelle la nature ne se gênait pas pour reprendre ces droits et vous comprendrez ... Quel morceau de fun c’était d’apprivoiser cette forme d’art, manipulant des couleurs acidulées entouré de gigantesques poulies rouillées et de bêton redevenu vert-de-lierre.

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Alors on se dit que l’on ne va pas s’arrêter là, on se persuade que l’aquarelle et l’huile ça n’est pas destiné qu’aux gens morts seuls et aux ma-tantes qui vivent entourées de cha-chats.

On s’essaie aux pinceaux, aux marqueurs, aux truelles, puis aux pailles, aux encres. Réminiscences de cette jeunesse pas trop terminée ou l’on essayait tout ce qui nous passait sous le pif et la langue, avec le même sourire malsain du gamin qu’a trouvé une nouvelle bêtise à faire. Et on s’arrête plus vraiment jamais au final ...

"Apprendre et échanger" devient le mot d’ordre. Les rencontres se font plus prononcées, observer et écouter, d’elle, de lui, de tous. L’esprit se construit, et les doigts restent naïfs et tremblotants.

S’exécuter dans la nuit, puis offrir cela, aux gens qui comptent.

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Les réactions alors observées face à ces choses brutes réchauffent le coeur plus qu’elles ne blessent. Toutes ces heures que l’on passe seul avec nos propres monstres peux aussi faire du bien à ceux que l’on côtoie. Nice !

Now, it’s ON ...

Je comprends pourquoi je peins, enfin.

Laisser vagabonder l’esprit, loin, et aimer ça. Agir, presque toujours en couleurs, et solliciter l’autre, son indifférence, ses problèmes du jour et ses peurs de toujours. Les premières expositions sont nées de ce sentiment. Une empathie légèrement biaisée.

Bien ... j’ai appris des techniques et je n’ai point capitulé, juste prêt à pousser le bordel un peu loin. Maintenant c’est idiot mais c’est là qu’il faut travailler. On passe les jours que l’on peut, et les nuits que l’on est capable, à croquer, imaginer, divaguer au delà encore. Wow ! Si t’as plus de raison de rêver, trouve juste une manière de créer.

Huhu. On se reprends, sourire aux dents et portfolio php3 et photos d’appareil emprunté. Maintenant le propos est de propager. Sonner aux bons carreaux et cette conviction qu’on est pas que du vent. Ouch, work, exhibition, work, exhibtion, work again.

La suite bientôt.

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